J’étais complètement shootée au Xanax et Dayquil pour mon premier rendez-vous avec mon futur premier petit ami. C’était un concours de circonstances, provoqué par une mononucléose non diagnostiquée mélangée à un trouble d’anxiété généralisé. Il m’a croisée au début de ma maladie infectieuse et à la fin de ma relation solitaire avec moi-même. J’avais 27 ans et je ne m’étais jamais engagée dans une vraie relation.

Grâce à quelques instants de lucidité, je me souviens qu’il m’a posé des questions sur mes relations passées. C’est la question que je redoutais le plus durant un rendez-vous. Qu’est-ce que j’étais censée dire ? « Oh, ben moi, j’ai toujours été seule, et toi ? » D’habitude, j’évitais simplement de donner une réponse directe, mais comme je n’étais pas tout à fait moi-même, je lui ai dit la vérité : je n’en avais pas eu.

« Tu en as de la chance », m’a-t-il dit. Si j’avais été pleinement consciente à ce moment-là, j’aurais sûrement roulé des yeux et pensé : les seules personnes qui disent ça sont celles qui ont déjà été en couple. J’aurais supposé qu’il me disait ça par pitié, parce qu’avoir été en couple ça devait forcément être mieux que d’avoir toujours été célibataire. Pas vrai ?

Je me suis demandé comment c’était possible de ne jamais avoir réussi à trouver quelqu’un d’aussi parfait pour moi auparavant. Puis, je me suis rendue compte que je n’étais pas moi-même avant. En tout les cas pas cette version de moi-même.

Mais plus nous avons passé du temps ensemble, plus je me suis dit qu’il avait peut-être raison. On avait l’air d’être sur la même longueur d’ondes sur tellement de choses. Nous étions d’accord sur la façon de passer notre temps, nous avions la même valeur de l’argent et nous étions tous deux hyper-attentionnés envers les autres. Nous partagions aussi les petites choses. Nous avions le même style de textos, un sens de l’humour similaire et les mêmes petites touches de jaune dans les yeux. Je me suis demandé comment c’était possible de ne jamais avoir réussi à trouver quelqu’un d’aussi parfait pour moi auparavant. Puis, je me suis rendue compte que je n’étais pas moi-même avant. En tout les cas pas cette version de moi-même.

Au cours de mes années de célibat intense, j’ai vu mes amis se mettre en couple avec leurs partenaires respectifs, nombre d’entre eux se transformant lentement en versions d’eux-mêmes que je ne connaissais pas. Ils laissent leur partenaire façonner leur personnalité et leurs intérêts. Deux personnes n’en formaient plus qu’une. Bennifer, Brangelina, Kimye etc.

Je pouvais être égoïste avec mon temps et mon énergie tandis que je parcourais le labyrinthe de mon adolescence et de la plupart de mes 20 ans. J’ai passé des Noëls à arpenter le Grand Canyon et à voler dans un petit avion au-dessus des montagnes du Vermont. J’ai pris un mois complet de pause solitaire après le travail pour me remettre en forme. J’ai regardé chaque film romantique qui me faisait envie, chaque émission Netflix que je voulais, quand je voulais. Je me suis occupée de mes propres besoins et j’ai compris quel tournure je voulais que ma vie prenne. Alors à 27 ans, j’avais l’impression d’avoir au moins solidifié les bases de ma personne. Bien sûr, c’est bien d’avoir quelqu’un, mais il y a trois choses importantes que je suis contente d’avoir accompli seule..

1. J’ai appris à me suffire à moi-même

Je n’ai pas suivi mon partenaire, ni demandé à ce qu’il me suive après l’université. J’ai déménagé à New York et ai dormi sur les canapés de mes amis et des matelas gonflables jusqu’à ce que je trouve un colocataire. J’ai occupé des emplois qui ont contribué à ma carrière, peu importe où ils se trouvaient ou combien d’heures je devais travailler. J’étais également totalement autonome sur le plan financier. Si je voulais quitter un emploi, je devais avoir la certitude que je pourrais couvrir toutes mes dépenses. Cela m’a obligée à prendre des décisions plus intelligentes et plus responsables

2. J’ai créé un chez-moi qui me ressemble vraiment.

J’ai pu décorer mon propre appartement. D’abord ma chambre, puis au bout d’un moment un studio de 46 m2. J’aime le bois sombre et les aplats de couleurs. J’aime les peintures murales, mais pas les photographies personnelles. Je suis tactile et j’ai besoin de couvertures et de tapis moelleux. J’ai un rideau de douche avec un imprimé cactus et un vrai cactus. Je n’ai pas eu besoin de demander à quelqu’un s’il validait mon poster de chat astronaute. Je l’aimais bien, alors je l’ai accroché.

3. J’ai défini mes propres valeurs.

À 19 ans, je me suis installée à New York pour devenir cinéaste. J’espérais devenir une artiste qui toucherait le monde. Je voulais me mêler aux riches et célèbres. Je voulais aller à des soirées sympas et me saouler avec du champagne coûteux. Ce que j’ai fait, un peu. Mais en vieillissant, je me suis rendue compte que je préférais de loin le style de vie des foodtrucks et des bières un peu trop chères. J’ai arrêté de m’intéresser à Hollywood pour m’intéresser à mon quartier. Au lieu de trainer dans un nouveau bar, j’ai investi mon argent dans des repas au restaurant chilien situé à deux pas de mon appartement et ai offert mes services de vidéo à une start-up de yoga locale. Mes priorités ont changé de nature et se sont réduites. Je ne me souciais pas autant de ce qui se passait dans le monde entier. Au lieu de cela, j’ai fait un travail sur moi-même et je me suis attachée à aider des amis proches et ma famille. Je n’ai ni raison, ni tort, mais mes sentiments sont suffisamment harmonieux pour savoir qui je suis vraiment.

Nous voici huit mois après mon premier rendez-vous avec Nathan. Ma maladie s’est enfin calmée et ce mec continue de s’installer dans ma vie. Tout en vivant chacun la nôtre. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : j’ai hâte de continuer à apprendre et à découvrir des choses avec lui, mais uniquement parce que nos relations personnelles sont solides. Nous sommes un couple, mais nous ne sommes pas Hanathan. Nous sommes Hannah et Nathan, et cela valait la peine d’attendre.