“Les Français ne datent pas”. C’est ce que m’a déclaré ma copine A. lorsque je l’ai interrogée sur sa vision du dating à la Française. A. a une trentaine d’années, des origines des quatre coins de l’Europe et a longtemps vécu à Londres. “On se contente d’aller boire un coup et il y a des chances pour que chacun se retrouve à payer son propre verre”, conclut-elle hilare. C’est sans doute vrai, surtout à Paris et également dans les grandes villes de province où les rencontres sont plus “casual”. Et que serait un date si on n’en repartait pas avec une bonne histoire ? 4 histoires de dates à la française qui ont commencé avec un verre et se sont soldées d’une histoire géniale. 


Le mauvais date


C’est celui dont on parle le plus souvent parce qu’un mauvais date, c’est aussi une manière de revenir avec humour sur des moments parfois embarrassants ou qui nous ont pris au dépourvu. Ma copine Alice a la trentaine et toujours des histoires hilarantes au possible. Il y a quelques années, elle rencontre sur Tinder une fille avec qui le feeling passe bien. Elles décident alors de se rencontrer pour un premier date. Au cours de la journée, ce nouveau crush demande à Alice un point de rendez-vous pas loin de chez elle. Au moment de se rejoindre, ma copine réalise que la fille en question est venue… avec sa valise. “Je n’avais pas compris qu’elle voulait passer le week-end chez moi. C’est à ce moment-là que j’ai compris qu’elle ne vivait pas à Paris et avait fait le trajet,” rit encore Alice. “Elle était très sympa, mais ça m’a refroidie. Je lui ai dit qu’on ne pouvait pas faire des trucs comme ça. Elle a passé la nuit et elle est partie chez une copine le lendemain”.


Le date qui fait rêver

Si Paris compte un bon nombre de cyniques désabusés, le romantisme n’est pas tout à fait mort. Si si, promis. La preuve avec Maya qui pour premier date a eu droit à un tour sur les toits d’ardoise de la capitale. “C’était un après-midi d’avril 2017, au printemps”, nous écrit la jeune femme par mail. “J’avais 19 ans à l’époque, je découvrais Paris, il en avait 24 et venait d’y emménager. Avec le recul, je suis sûre qu’il avait déjà calculé son coup et n’attendait que de glisser dans la conversation sa proposition de m’emmener sur les toits de Paris”. C’est par l’appartement du voisin dont il a les clés pour nourrir les chats que le crush de Maya lui fait accéder aux toits. Elle se souvient : “ On est passés par le velux, au-dessus du lit, et on est restés un long moment sur le toit en pente, à regarder le soleil se coucher. C’est avant de partir qu’il m’a embrassé”. Mais le scénario de film romantique à la Française ne s’arrête pas là : “On a fini par redescendre par le velux, en tombant tous les deux sur le lit du voisin. Et comme le consentement, c’est cool, il a accepté qu’on en reste au bisou pour ce date ! On s’est revus un peu, puis on a arrêté la relation d’un commun accord, ce date reste un très bon souvenir”.

“On est passés par le velux, au-dessus du lit, et on est restés un long moment sur le toit en pente, à regarder le soleil se coucher.”

Le date inattendu


Il y a 2 ans, Émilie matche avec un garçon sur Tinder. Le courant passe bien et il est prévu qu’ils se rencontrent. À l’époque, elle travaille dans un restaurant – et ce soir de fin d’été, arrive l’heure de sortir les poubelles. Elle se souvient : “Il est 23h. Pour accéder au local, je dois passer devant la terrasse du restaurant qui se trouve collé au mien. En passant je regarde alors si je vois quelqu’un que je connais”. Impossible pourtant de remettre un nom sur ce visage. “En me changeant au vestiaire, je regarde mon téléphone et j’ai un message de mon match. Le garçon que j’ai vu sur la terrasse !”. Un peu gênée, elle accepte malgré tout de le rejoindre à partir de minuit. “On a décidé de s’asseoir dans le parc juste à côté – où on a parlé jusqu’à 2h du matin de tout et de rien. On est ensuite allés chez moi, car j’étais fatiguée du travail, mais une fois là bas, on a vraiment passé la meilleure nuit de notre vie : jouer du piano à 5 h du matin, parler sans cesse. Ce soir-là, j’ai vraiment rencontré quelqu’un de génial. Ça été mon meilleur date. Une vraie complicité s’est créée et aujourd’hui je suis toujours en contact avec lui”.


Le date qui finalement cherchait plus que du sexe


Il y a une question qui m’agace particulièrement lorsque je commence à discuter avec un garçon : “Tu cherches quoi ici ?”. S’il est important de savoir ce que l’on veut et de savoir l’exprimer, il y a une forme de cynisme à vouloir décider au préalable ce que sera une relation. C’est ce qu’a appris Alexia l’année dernière en rencontrant son match. Ce qui avait été choisi, d’un commun accord, comme une relation purement physique, s’est petit à petit transformé en coup de coeur. “Il restait seulement un mois dans la même ville que moi et devait repartir ensuite à l’autre bout de la France. On avait donc en tête qu’on ne pourrait rien vivre de sérieux sur du long-terme”. Une fois ce premier date passé, ils continuent à se donner des nouvelles et se voient une deuxième fois. Cette fois-ci pourtant : “ il me propose de lui faire découvrir la ville et on a passé la journée entière à se promener. Le soir, on se fait un ciné, c’est vraiment une magnifique journée. On décide de se revoir une troisième fois mais je décide que cette fois ci, nous ne coucherons pas ensemble et le lui dit.et comme j’avais mes règles, je préférais ne pas avoir de rapports. Il me dit que ce n’est pas grave et qu’il veut me voir”. Les rencontres se multiplient tout au long de son séjour jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’ils sont tombés amoureux. “On a voulu se revoir à plusieurs reprises, mais à cause de son travail et de la distance ce n’était pas facile et on n’a pas encore réussi malheureusement”, témoigne Alexia. “Maintenant, j’ai changé de travail et je pars plusieurs mois à l’étranger… On se parle toujours, on est devenu de très bons amis, on a de jolis souvenirs en commun”.